Il existe des passagers qui réservent leur siège exit row deux semaines à l'avance avec la régularité d'une habitude ancrée, et d'autres qui n'ont jamais entendu le terme. Pourtant, pour un vol de quatre heures en économique, la différence de confort peut être considérable. Voici ce que ce siège implique vraiment, y compris ce qu'on omet souvent de mentionner.
Ce que « exit row » veut dire concrètement
Un siège exit row (littéralement « rangée de sortie ») est un siège placé immédiatement à côté d'une issue de secours de l'avion. Selon le type d'appareil, il y en a généralement deux ou quatre dans la cabine économique, souvent positionnées au milieu du fuselage.
L'espace pour les jambes y est nettement plus grand parce que la réglementation impose une distance minimale devant la porte pour permettre une évacuation rapide. Sur un Boeing 737 ou un Airbus A320, cette distance oscille typiquement entre 90 et 100 centimètres contre 75 à 80 centimètres pour un siège standard. Ce n'est pas rien.
Mais il y a une subtilité que les sites de réservation n'affichent pas toujours clairement : toutes les rangées « exit » ne se valent pas. Certaines sont en première rangée d'exit, avec le mur ou la porte devant vous. D'autres, les plus prisées, ont simplement plus d'espace sans obstacle. Et sur certains avions, les sièges du premier rang exit ne s'inclinent pas du tout, ce qui peut transformer un avantage en inconfort sur un vol de nuit.
Qui peut (et qui ne peut pas) s'y asseoir
C'est là que ça devient contraignant. Prendre un siège exit row implique d'accepter un rôle en cas d'urgence : aider l'équipage à ouvrir la porte et guider les autres passagers vers l'extérieur. La compagnie peut demander à tout moment à un passager assis là de confirmer verbalement qu'il est en mesure de le faire.
Les critères d'exclusion sont fixés par la réglementation aéronautique (notamment les règlements EASA en Europe). Un passager ne peut pas occuper ce siège s'il :
- voyage avec un enfant en bas âge ou en tant qu'accompagnateur d'une personne à mobilité réduite
- présente une condition physique l'empêchant d'actionner la porte ou de sortir rapidement
- ne comprend pas les consignes de sécurité dans la langue utilisée par l'équipage
- refuse explicitement de remplir ce rôle
En pratique, personne ne vous fait passer un test. Mais si un agent de bord juge que vous ne remplissez pas les conditions, il peut vous demander de changer de siège, y compris après l'embarquement. Ça arrive, et ce n'est pas négociable.
Sur un Airbus A320, une porte de sortie de secours pèse environ 25 kilogrammes et s'ouvre vers l'intérieur avant d'être pivotée vers l'extérieur. L'actionner seul, sans panique, demande un minimum de présence d'esprit.

Le surcoût, variable selon les compagnies
La gratuité n'est pas la règle. Pour les compagnies à bas coûts en particulier, le siège exit row est généralement vendu comme un « siège avec espace supplémentaire » et facturé en conséquence. Les tarifs varient énormément.
| Compagnie | Surcoût indicatif (exit row, court-courrier) |
|---|---|
| Ryanair | 10 à 25 € |
| easyJet | 8 à 20 € |
| Transavia | 10 à 20 € |
| Vueling | 5 à 15 € |
| Air France | inclus selon la classe tarifaire ou programme fidélité |
Ces chiffres varient selon la route, la date et le moment de la réservation. Pour les compagnies traditionnelles comme Air France ou Lufthansa, les membres du programme de fidélité peuvent parfois accéder à ces sièges sans supplément à partir d'un certain statut. Notre comparateur de franchises et services bagages ne couvre pas les sièges, mais les fiches compagnie donnent une bonne idée de la politique tarifaire globale de chaque opérateur.
Il est aussi possible d'obtenir ce siège gratuitement en arrivant tôt à l'enregistrement, sur les vols où ils ne sont pas bloqués d'avance. Sur Ryanair, c'est rarement le cas. Sur d'autres opérateurs, ça dépend du remplissage.
Ce qu'on ne dit pas assez sur le confort réel
L'exit row est souvent vendu comme la solution miracle contre l'inconfort en économique. C'est vrai pour les jambes. Ce n'est pas toujours vrai pour le reste.
La fenêtre, d'abord. Beaucoup de sièges exit row côté hublot n'ont pas de hublot, ou en ont un décalé qui ne correspond pas à la position assise. Si voir dehors compte pour vous (et l'article sur le siège hublot ou couloir explore bien cette question), vérifiez le plan de cabine avant de réserver.
Le bruit, ensuite. Les issues de secours sont des jonctions dans le fuselage. Selon la conception de l'avion et l'isolation thermique de la porte, certains passagers signalent un léger courant d'air froid ou un niveau sonore légèrement plus élevé que dans le reste de la cabine. Pas rédhibitoire, mais réel.
Et puis il y a la question du dossier. J'ai déjà occupé un exit row en première rangée sur un moyen-courrier où le siège, effectivement très espace, ne s'inclinait pas d'un centimètre. Sur un vol de jour de deux heures, aucun problème. Sur quatre heures de nuit, c'est une autre affaire.
Comment repérer le bon exit row avant de réserver
L'outil le plus utile est SeatGuru (ou des alternatives comme AeroLopa), qui cartographient les cabines avion par avion. En entrant le numéro de vol, vous voyez exactement quels sièges ont un hublot, lesquels s'inclinent, et lesquels sont signalés comme problématiques par d'autres passagers.
Pour les vols où le confort en cabine est une priorité, combiner ce repérage avec le guide du bagage cabine peut aussi aider à anticiper le rangement : les sièges exit row n'autorisent pas les bagages sous le siège devant soi pendant le décollage et l'atterrissage, précisément parce qu'il n'y a pas de siège devant. Votre sac de cabine part en soute de coffre, et vous n'y avez pas accès jusqu'à l'altitude de croisière. Rien d'insurmontable, mais à prévoir si vous avez des médicaments ou un ordinateur à portée de main au départ.
Au fond, l'exit row est un bon choix pour un passager grand, qui voyage seul, sur un vol de jour, et qui a vérifié le plan de cabine. Pour les autres configurations, il mérite au moins réflexion avant de payer le supplément.