Siège en avion : ce que le numéro de rangée change vraiment

Rangées de sièges dans la cabine économique d'un avion de ligne
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Sur un vol moyen-courrier de trois heures, la différence entre la rangée 5 et la rangée 32 peut se traduire par vingt minutes de moins dans l'avion, un niveau sonore sensiblement différent, et un service à bord dans l'ordre inverse. Ce n'est pas négligeable, surtout quand on fait l'aller-retour dans la semaine.

Ce que la position dans la cabine change vraiment

La cabine économique d'un appareil comme l'Airbus A320 ou le Boeing 737 se divise grosso modo en trois zones, même si personne n'en trace les frontières officiellement : les premières rangées derrière la cloison avant, la zone centrale autour des ailes, et la queue de l'avion.

Les rangées avant ont un avantage mécanique simple : elles débarquent en premier. Sur un vol bien rempli où la passerelle est étroite, c'est cinq à quinze minutes gagnées, ce qui compte si vous avez une correspondance juste. Le service à bord commence aussi depuis l'avant, donc vous êtes servi avant que le chariot soit à moitié vide. En revanche, les premières rangées sont souvent les plus chères à la sélection (quand elle est payante), et elles font face à la cloison des toilettes avant, ce qui n'est pas toujours agréable.

La zone autour des ailes mérite une réputation qu'elle n'a qu'en partie. Elle est effectivement plus stable lors des turbulences, parce qu'elle se situe près du centre de gravité de l'appareil. Mais « plus stable » ne veut pas dire « sans turbulences » : un trou d'air secoue l'avion entier, même si les oscillations y sont amorties comparées à la queue. Ce que cette zone offre surtout, c'est une vue sur le réacteur depuis le hublot.

Sur un A320, les réacteurs sont positionnés sous les ailes aux environs des rangées 10 à 20 selon la configuration. C'est aussi là que le niveau sonore en croisière est le plus élevé, juste au-dessus du moteur.

Les rangées arrière, elles, subissent un double désavantage que peu de voyageurs anticipent. Elles sont plus bruyantes (les réacteurs sont proches, et la queue amplifie les vibrations de l'air sur le fuselage), et elles débarquent en dernier. Le service y arrive aussi plus tard et parfois avec moins de choix si les repas sont à la carte. En échange, les sièges du fond sont souvent les moins demandés, donc plus facilement disponibles, et les rangées de cinq sièges au centre sur les 777 longue distance y offrent parfois un voisin de moins si l'avion n'est pas plein.

Le bruit des moteurs, selon les avions

Sur les appareils à réacteurs sous les ailes, comme l'A320 ou le 737, la source sonore principale est bien sous les ailes. Mais sur les avions à réacteurs en queue comme l'Embraer 190 ou l'ancien DC-9, toute la cabine arrière est directement exposée, et les dernières rangées peuvent atteindre des niveaux qui nécessitent un bouchon d'oreille pour dormir confortablement.

Il y a aussi le cas particulier des appareils à hélices, encore utilisés sur certaines liaisons régionales : le bruit y est plus grave, plus continu, et les rangées au niveau de l'hélice sont franchement fatigantes sur plus d'une heure. Pour ce type de vol, j'aurais tendance à choisir la queue sans hésitation, même si elle tremble un peu.

Turbulences : la physique, sans les fantasmes

La croyance populaire dit que l'arrière de l'avion secoue plus. C'est globalement vrai, mais le degré est souvent surestimé. Sur une turbulence modérée, la différence entre rangée 6 et rangée 36 est perceptible, mais elle ne change pas fondamentalement l'expérience. Ce qui change vraiment, c'est l'amplitude du mouvement vertical : la queue oscille comme l'extrémité d'un levier, plus amplement que le centre.

Ce qui importe davantage pour les passagers sensibles, c'est la direction du vol par rapport aux perturbations atmosphériques. Les turbulences de ciel clair, liées au jet stream, affectent l'avion entier de façon assez uniforme. Choisir sa rangée ne résout pas ça.

Vue depuis un hublot d'avion en vol, ciel bleu et aile visible

Photo Media Lens King / Pexels

Rangée, embarquement et logique du sac cabine

Il y a une variable dont on parle peu : l'ordre d'embarquement en lien avec la rangée. La plupart des compagnies embarquent par zones, de l'arrière vers l'avant. Si vous êtes en rangée 28, vous montez tôt et vous avez du temps pour caser votre bagage cabine dans le compartiment au-dessus de votre siège. Si vous êtes en rangée 5 mais embarquez tard parce que vous n'avez pas payé de priorité, vous risquez de trouver les compartiments proches déjà occupés.

Ce scénario est précisément l'une des causes du bagage cabine refusé à la porte : l'avion est plein, les compartiments sont saturés avant que vous montiez, et le personnel vous oblige à enregistrer votre sac en soute. Ce n'est pas une fatalité, mais la combinaison « rangée avant + embarquement sans priorité » y expose davantage. Consulter le guide du bagage cabine avant de réserver peut aider à anticiper ce genre de situation selon la compagnie.

Ce que les compagnies ne rendent pas transparent

Les compagnies low-cost ont transformé la sélection de siège en source de revenu à part entière. Ryanair, easyJet et leurs équivalents font payer l'accès aux rangées avant ou aux sièges à l'exit row, ce qui force à se demander si le confort gagné vaut le surcoût. La réponse dépend du vol.

Sur un vol d'une heure, payer cinq euros pour embarquer avant et ne pas galérer avec son sac : défendable. Sur un vol de deux heures trente avec une correspondance longue à l'arrivée : la rangée avant change peu de chose. Tout dépend de ce qui suit le vol.

Pour les voyages en famille ou en groupe, la cohérence de la réservation importe plus que la zone. Les compagnies comme Vueling ou Transavia permettent de réserver des sièges adjacents, parfois gratuitement selon le tarif. Mieux vaut vérifier avant d'acheter plutôt qu'à l'enregistrement.

Un détail que j'ai trouvé en me documentant : sur certains 737 MAX 8 configurés en 10 rangées d'économique confort + 26 rangées d'économique standard, les dernières rangées (les trois ou quatre tout au fond) ne s'inclinent pas, parce que le dossier heurterait la cloison de la soute pressurisée. Ce n'est mentionné nulle part dans les interfaces de réservation. La seule façon de le savoir à l'avance, c'est de croiser le numéro de configuration de l'appareil avec une base comme SeatGuru.

La vraie question sous la question

La sélection de siège prend parfois autant d'énergie mentale que le reste de la préparation du voyage. Ce qui compte vraiment, c'est de savoir ce qu'on optimise : le silence, la stabilité, la sortie rapide, la place pour les jambes (voir les sièges exit row pour ce dernier point), ou simplement avoir un hublot.

Prétendre qu'il existe une rangée universellement meilleure serait faux. Mais ignorer que la géographie de la cabine a des effets concrets sur le vol serait dommage.

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