Le siège du milieu est toujours le dernier choisi. Pas parce que les voyageurs sont irrationnels, mais parce que c'est objectivement la pire position sur un vol long. Et pourtant, sur un 777 configuré en 3-4-3, près d'un tiers des passagers s'y retrouvent, soit par obligation, soit parce qu'ils n'ont pas sélectionné à temps.
Choisir son siège avant d'embarquer change beaucoup plus que le confort immédiat. Ça change la qualité du sommeil, la facilité de descendre aux toilettes, et même la probabilité de récupérer son bagage cabine dans le bon compartiment. Voici ce que chaque position implique vraiment.
Ce que le hublot offre (et retire)
Le siège fenêtre a une réputation méritée pour le sommeil. On peut caler la tête contre la paroi, sans risquer d'être réveillé par un voisin qui se lève. Sur un vol de nuit vers l'Amérique ou l'Asie, c'est un avantage non négligeable.
Mais le hublot isole. Pour aller aux toilettes, il faut déranger une ou deux personnes, et ce rapport de force informel pousse beaucoup de voyageurs à se retenir plus longtemps qu'ils ne le devraient. Sur un vol de dix heures, ça finit par peser.
Sur les appareils à fuselage large comme l'A380 ou le Boeing 777, les rangées centrales comptent souvent 4 sièges de front. Le siège milieu intérieur (ni couloir ni fenêtre) est une catégorie à part, plus enfermée encore que le milieu classique d'une rangée de trois.
Il y a aussi la question de la lumière. Les compagnies demandent de fermer le store au décollage et à l'atterrissage (le black-out des hublots répond à des impératifs de sécurité précis), mais en croisière, le voisin de hublot contrôle l'ensoleillement de toute la rangée. Si vous voulez dormir et qu'il veut regarder les Alpes, c'est son droit.
Le couloir, pour ceux qui savent ce qu'ils sacrifient
Le couloir, c'est la liberté de mouvement contre un peu d'espace latéral. On peut étirer les jambes dans l'allée, se lever sans négocier, et récupérer quelque chose dans le compartiment au-dessus sans grimper sur le siège. Sur un vol de plus de six heures, cette autonomie est souvent plus précieuse qu'une vue sur les nuages.
Ce qu'on perd, c'est le coin. Le couloir expose aux chariots de service (un coup de coude sur l'épaule à trois heures du matin, c'est arrivé à beaucoup de voyageurs fréquents), aux passages des autres passagers, et au bruit concentré autour des galeries. Les rangées proches des toilettes ou des offices ont un trafic nocturne très sous-estimé.
La sélection du siège côté couloir n'est pas gratuite sur la plupart des compagnies. Ryanair, easyJet et Transavia la facturent entre 5 et 15 euros selon le vol. Air France la réserve aux passagers de certains tarifs ou membres Flying Blue. Consultez la fiche de votre compagnie avant de payer : les règles varient beaucoup.
Le milieu, vraiment si mauvais ?
Sur un vol court, moins de deux heures, le milieu est tolérable. Personne ne dort vraiment, tout le monde reste habillé et assis, et le contact avec les voisins est limité. Sur Paris-Nice ou Paris-Barcelone, le siège du milieu ne change pas grand-chose.
Sur un long-courrier, c'est différent. On est coincé des deux côtés par des inconnus dont on ne contrôle ni l'accoudoir, ni la position du dossier, ni le moment où ils se lèvent. L'accoudoir central est d'ailleurs une zone de conflit dont la résolution dépend entièrement de la sociabilité des voisins. Il n'existe aucune règle écrite.
Franchement, la seule bonne raison de choisir le milieu volontairement, c'est de voyager entre amis ou en famille, quand on occupe toute la rangée. Dans ce cas précis, le milieu devient le siège le plus social du groupe.

Comment décider selon le type de vol
Le type de vol change tout à l'équation.
| Type de vol | Recommandation |
|---|---|
| Court-courrier (moins de 3 h) | Peu importe, sauf si vous avez un bagage cabine à récupérer vite |
| Nuit (plus de 6 h) | Hublot pour dormir, couloir si vous bougez beaucoup |
| Long-courrier de jour | Couloir, pour l'accès aux toilettes et l'étirement |
| Voyage en groupe (rangée complète) | Milieu sans inconvénient |
La position dans l'avion compte aussi. Les rangées avant embarquent plus vite (et débarquent plus vite), mais le bruit des moteurs est moins présent à l'arrière. Pour les nuances entre l'avant et l'arrière de la cabine, l'article sur ce que le numéro de rangée change vraiment détaille ça mieux qu'un tableau ne peut le faire.
La question du bagage cabine
Un détail que peu de gens intègrent dans leur choix de siège: si vous embarquez avec un bagage cabine que vous voulez garder près de vous, votre numéro de rangée détermine si vous trouvez de la place dans le compartiment au-dessus.
Les passagers qui embarquent en dernier (souvent ceux qui n'ont pas payé pour sélectionner leur siège) trouvent les compartiments proches de leur rangée déjà pleins. Résultat, la valise part trois rangées en arrière, et à l'atterrissage il faut remonter contre le flux pour la récupérer. C'est une des raisons concrètes pour lesquelles sélectionner tôt, même en couloir ou hublot peu pratique, reste préférable à ne pas sélectionner du tout.
Si le compartiment est plein à bord, la procédure varie selon les compagnies. Un article du blog couvre exactement ce qui se passe quand il n'y a plus de place en cabine et comment éviter que la valise parte en soute sans prévenir.
Une parenthèse sur les sièges exit row
Les rangées de sortie de secours méritent une mention, parce qu'elles changent l'équation hublot/couloir/milieu. L'espace pour les jambes y est souvent double, mais les conditions d'accès sont strictes (capacité physique à ouvrir la porte d'évacuation, pas d'enfants), et certaines de ces rangées ont des dossiers fixes ou des accoudoirs non rabattables.
Sur certains appareils, les sièges exit row côté hublot n'ont pas de vraie fenêtre, juste un panneau. Le hublot se retrouve alors décalé vers l'avant, hors de portée. Ce détail, rarement indiqué clairement lors de la réservation, suffit à décevoir ceux qui réservaient spécifiquement pour la vue.